2 Les douleurs pendant le cycle menstruel

 

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Y-a-t-il une douleur qui soit «normale»? A quel moment une forte sensation devient-elle douleur? La douleur est un symptôme. Elle signale un problème. Mais, contrairement aux indications qui peuvent être observées et mesurées par n’importe qui, telles la pression artérielle ou la fièvre, la douleur relève du ressenti du patient. Une façon habituelle de la décrire est de dire par exemple, que sur une échelle de un à dix, dix étant la pire des douleurs imaginables, «elle est de cinq». Bien que l’information ne soit pas objective, elle a le mérite d’attirer l’attention du praticien. Il est évident que la personne a mal.

La douleur à un ovaire, au moment de l’ovulation, cette Mittelschmerz que j’ai décrite plus haut, devrait être de courte durée. Son intensité est généralement qualifiée de moyenne. Une douleur plus profonde au niveau du pubis, juste avant ou tout au début des règles, peut ressembler à un spasme, et indiquer que le col se dilate pour laisser passer le saignement. Cette douleur, même si elle est plus intense, devrait ne pas durer plus de quelques heures[1].

Une douleur au bas de la colonne vertébrale, voire au sacrum, qui n’apparaîtrait qu’avant la menstruation, indique très probablement un tiraillement ou une rotation anormale entre le sacrum et les ligaments utéro-sacrés. La position correcte de l’utérus est très centrale. Il faut imaginer l’utérus et ses attaches comme une structure horizontale, qui tient littéralement en place la partie inférieure de l’intestin grêle, l’empêchant de s’effondrer ou de se déplacer.

Cette douleur dans les lombaires peut aussi révéler d’autres anomalies affectant l’articulation sacro-iliaque, la symphyse pubienne, les ligaments sacro-iliaques et ilio-lombaires, le muscle piriforme et le muscle carré des lombes.

Malheureusement, ce type de douleur au dos ne suscite guère l’intérêt des médecins, qui se contentent de recommander de l’aspirine. Il est vrai que cette douleur est temporaire, au début. Mais elle est due à un déséquilibre structurel dans notre anatomie, ou, en d’autres termes, à un défaut de position. Un bon ostéopathe ou un bon Rolfer peut y remédier. Mais s’il n’est pas corrigé, ce déséquilibre ne peut que s’aggraver, causant toujours plus de douleurs, jusqu’à provoquer l’inflammation des articulations voisines.

D’autres douleurs doivent absolument faire l’objet d’un suivi médical. Une douleur constante dans le bas ventre avant les règles, qui empirerait peu à peu, pour en arriver à affecter lourdement le quotidien avec des saignements très abondants, peut signaler une endométriose, affection très sérieuse, sans pourtant s’avérer la plus grave. Comme beaucoup de pathologies liées au cycle féminin, l’endométriose serait causée par un excès d’œstrogène associé à un manque de progestérone. Elle se caractérise par la formation de muqueuses utérines – ou endomètre – ailleurs que dans l’utérus, à l’intérieur de l’abdomen, mais sans débouché possible hors du corps au moment des règles, qui servent justement à évacuer le tissu endométrial s’il n’y a pas eu fécondation. Ce tissu intra-utérin dans la cavité abdominale réagit aux fluctuations hormonales et gonfle, exactement comme le fait le revêtement des parois utérines, construisant un milieu qui, en théorie, peut recevoir un œuf fécondé. Ce trouble gynécologique cause des douleurs intenses, des crampes et des saignements excessifs. Une femme atteinte d’endométriose risque de ne pas pouvoir concevoir. Si elle conçoit, elle risque une grossesse extra-utérine, qui mettrait sa vie en danger.

À ma connaissance, il n’y a aucun autre traitement pour l’endométriose que la chirurgie, avec ou sans traitement hormonal (synthétique) substitutif dont les effets secondaires sont indésirables. La chirurgie enlève le tissu qui a proliféré anormalement dans la cavité abdominale. Le plus souvent le traitement s’arrête là. Autant dire que si le déséquilibre hormonal persiste, le problème ne sera pas réglé pour autant. D’ailleurs les médecins le savent bien, qui conseillent à leurs patientes souffrant d’endométriose de tomber enceintes dans les quelques mois qui suivent la chirurgie, avant la nouvelle prolifération de tissus. Pour les tenants de la médecine conventionnelle, la seule solution permettant de traiter de façon permanente l’endométriose est l’ablation chirurgicale des ovaires, avec pour conséquences radicales, la stérilité et une ménopause prématurée.

Une meilleure approche consisterait à consulter un naturopathe qui, sur la base des résultats d’analyses des taux hormonaux, va compenser une déficience hormonale par la prescription d’hormones bio-identiques, en prenant soin de contrôler régulièrement les nouveaux taux obtenus jusqu’à ce que le déséquilibre soit corrigé. Le naturopathe se fera aussi un devoir de signaler la nature des différents xéno-œstrogènes susceptibles de nous intoxiquer, et comment les éviter, autant que faire se peut.

Il existe bien d’autres signes de d’anomalies gynécologiques qui doivent nous alerter: l’absence de règles pendant un ou plusieurs mois, des cycles très courts, l’apparition de deux menstruations par mois, ou des saignements trop abondants, ceux-ci étant vaguement définis comme nécessitant l’usage de deux tampons ou plus par heure pendant plus d’un jour. Dans chacune de ces situations, il faut consulter un gynécologue.

Encore une fois, même les problèmes les plus sérieux peuvent être guéris, s’ils sont décelés à temps. En matière de douleur, le débat sur ce qui est «normal» est loin d’être clos et risque bien de s’éterniser. Autrement dit, si vous ne vous sentez pas bien, c’est que manifestement vous n’êtes pas bien et qu’il vous faut en savoir plus. Le conseil d’un spécialiste ne peut que vous ouvrir les yeux sur la réalité de votre anatomie. Et précisément, votre lonégvité ne dépend pas seulement de la chance, mais aussi d’une bonne proprioception, cette capacité à se percevoir soi-même.


  1. Un article détaillé sur la douleur pelvienne peut être trouvé dans la Townsend Letter de novembre 2006, p.72, par Tori Hudsobn, ND, «Chronic Pelvic Pain, Part I, Prevalence, Etiology, Diagnosis.»

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La physiologie féminine dans tous ses états© 2013 par Georgette Maria Delvaux. Tous droits réservés.

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