14 Les bouffées de chaleur

 

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Les bouffées de chaleur n’indiquent pas forcément le début de la ménopause, puisque des femmes jeunes peuvent en avoir quand elles sont trop maigres ou quand elles font trop de gymnastique; mais elles sont toujours le symptôme d’un taux d’œstrogène trop bas. Toute jeune femme doit s’en préoccuper, si elle veut avoir des enfants et rester en bonne santé. Bien sûr, dans le cas d’une femme qui approche de la cinquantaine, il y a tout lieu d’attribuer ces bouffées de chaleur à la ménopause.

Alors que le syndrome prémenstruel, comme on l’a déjà vu, provient d’un excès d’œstrogène et d’un manque de progestérone, les bouffées de chaleur signalent, quant à elles, une situation hormonale différente. D’une part, la progestérone diminue jusqu’à disparaître quasi complètement et d’autre part, le taux d’œstrogène baisse. C’est la chute de ce dernier et de celui des hormones impliquées dans la libération de l’œuf par l’ovaire, qui provoque les bouffées de chaleur, et signale le vrai début de la ménopause. Non que les ovaires cessent de secréter des œstrogènes après la ménopause. Elles en produisent simplement en bien moindre quantité, relayées en cela par les surrénales, de sorte que le corps n’est jamais totalement dépourvu d’œstrogène. Il faut savoir que l’œstrogène est une hormone qui a plusieurs fonctions importantes tout au long de la vie, chez les hommes aussi bien que chez les femmes.

Mais que sont exactement ces bouffées de chaleur? On garde souvent de la première un souvenir très désagréable, celui d’avoir été envahie par une drôle de sensation inconnue, telle une sueur froide. De celle que l’on ressent face à un danger mortel – imaginez avoir évité de justesse d’être renversée par un gros camion. Si la bouffée survient au milieu de la nuit, vous pouvez vous réveiller brutalement, sans raison apparente, ressentir une forte chaleur et commencer à transpirer sur le dos, le cou ou le torse.

On n’en finirait pas d’énumérer les innombrables désagréments et difficultés dus aux bouffées de chaleur. Elles peuvent causer des crises d’angoisse, des états de grave déshydratation et des insomnies. Elles vous détrempent un élégant chemisier en quelques minutes et font monter rougeur et chaleur au visage. Une de mes connaissances, qui souffrait de graves bouffées de chaleur, s’est vue tester son degré de déshydratation par son médecin, qui lui mit un morceau de sucre sous la langue pour évaluer le temps que mettrait le sucre à fondre; elle me dit avoir attendu une demi-heure avec le sucre demeuré pratiquement intact. Je n’oublierai jamais non plus mon professeur d’histoire au lycée, une femme qui faisait de l’embonpoint. Pendant l’un de ses cours sur le pharaon Aménophis IV, alors qu’elle devint soudain rouge comme une betterave, et ruisselante de sueur, elle prit son mouchoir pour s’éponger le visage et, en pleine tempête de neige, imperturbable, nous demanda d’ouvrir la fenêtre. Inutile de dire qu’il me fut difficile de comprendre l’étrange effet que semblait lui faire Aménophis IV!

Les bouffées de chaleur sont considérées comme normales. Mais une fois de plus, il convient de s’interroger: que signifie «normal»? Dans la moyenne de ce qui se vit? Très habituel? Dans la mesure où certaines d’entre nous traversent la ménopause avec, tout au plus, quelques sueurs nocturnes, on admettra que si les bouffées de chaleur deviennent un enquiquinement majeur, c’est qu’elles n’ont plus rien de «normal». Elles sont plutôt le signe d’un grave déséquilibre hormonal à soigner.  Car si la seule déshydratation n’est déjà pas propice à une bonne santé physique, l’anxiété et l’embarras, que causent les bouffées à certaines d’entre nous, sont une catastrophe pour la santé mentale. Ainsi en était-il pour une de mes connaissances, qui a préféré supprimer toute vie sociale, s’imaginant qu’elle était devenue une gêne pour ses amis. Tout bon praticien de santé sera d’accord de soulager ses patientes, victimes d’une telle gêne, au moyen d’un des nombreux traitements disponibles.

Bref, si les bouffées de chaleur bouleversent complètement la vie d’une femme, surviennent continuellement, détrempent ses vêtements et ses draps et l’empêchent de dormir, c’est qu’elle a vraiment besoin de consulter. Mes recommandations sont les mêmes que pour les autres conséquences du déséquilibre hormonal: acupuncture, homéopathie, phytothérapie. C’est même une bonne idée de combiner plusieurs de ces approches, avant d’aborder un traitement hormonal substitutif. Celui-ci doit impérativement faire l’objet d’un suivi médical régulier, tant la simple addition d’hormones dans le système a tout un éventail d’effets secondaires. Comme je l’ai dit plus tôt, après la ménopause la production d’œstrogènes se fait dans les surrénales. Le fait de prendre des œstrogènes, même bio-identiques, n’aide pas le corps à accomplir cette transition, mais au contraire la retarde. Pour une femme dont le retour d’âge s’avère difficile, quelques-uns des symptômes peuvent ne pas être dus uniquement à la ménopause, mais aussi à un épuisement préexistant des surrénales, ou à un problème latent de la thyroïde. L’approche la plus sûre est toujours la même: minimiser les effets secondaires, et éviter à notre organisme tout bouleversement consécutif à une prise de substances chimiques qui lui seraient étrangères.

Pour toutes les femmes qui se découvrent des symptômes plus légers, un conseil d’amie: ne vous laissez pas abattre, tenez le coup! Considérez les avantages de la situation: n’allez-vous pas bientôt être libérées de la malédiction des règles? N’attendez-vous pas justement avec soulagement la fin du jeu de yoyo mensuel dans votre corps et votre esprit, qui vous coûte tant d’efforts et d’ennuis, de planification et de patience? En abordant avec philosophie et pragmatisme les légères bouffées de chaleur, celles-ci peuvent même être devenir plaisantes et séduisantes. Imaginez un instant que vous retiriez votre pull tout en poursuivant ce que vous étiez en train de faire, vous voilà donc en débardeur, il suffira de vous rhabiller un peu plus tard.  Vos partenaires amoureux vont adorer ces petits instants privilégiés et vous en seront reconnaissants – et vous serez deux à avoir chaud!

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La physiologie féminine dans tous ses états© 2013 par Georgette Maria Delvaux. Tous droits réservés.

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